Du 11 au 17 octobre, la Lune bleue sera au Québec et se réjouit de revoir ce beau pays qu’elle n’a pas vu depuis 2011, l’année de parution du livre de Jeanne Painchaud Le ciel si pâle dont il ne reste plus aujourd’hui que le Tirage de Tête ! 2016 sera l’année de la poésie et du haïku autour de l’astre nocturne : Ce que la Lune dit au jour, anthologie avec 13 poètes québécoises, paraîtra le 12 octobre lors d’un lancement à l’UNEQ (Maison des écrivains) de Montréal. L’éditrice et poète sera interviewée par Claudine Bertrand lors de son émission « Arts et Lettres » qu’elle anime sur Radio vm à Montréal. Le 14 octobre à la Maison de la Littérature à Québec, la Lune bleue sera présente dans le cadre du 7e Festival International de Haïku – l’occasion de revoir les ami(e)s haïjins du Canada !
Archives de l’auteur : editionslalunebleue
Poème en plein air
De Dominique Borée, avec les tondi/photos de Jean-Michel Le Claire
Aux éditions de la Lune bleue, vient de paraître le dernier recueil de Dominique Borée : Poème en plein air. On pourrait écrire Poète en plein air tant le bonhomme suit son petit chemin de poète en toutes saisons. Chacun des haïkus choisis avec soin est un petit tableau pour l’œil, le nez, l’oreille, la peau. la langue. La langue ? Non ? Si, goûtez « pour des prunes ».
J’ai une tendresse particulière pour ce haïku qui prétend n’en pas être* :
sur cette ombelle
toutes sortes d’insectes
– pas un seul haïku
Le haïkiste – c’est sans doute sa nature – se montre humble devant ce qu’il donne en partage. Ici, il se dégage de cet ensemble un sentiment de sérénité.
En parfaite harmonie avec l’écrit, les tondi/photos de Jean-Michel Le Claire contribuent à enrichir l’ouvrage, qui mériterait – seul regret – pagination plus généreuse.
Au rythme de quatre ouvrages par an, la belle collection des éditions de la Lune bleue, animée par Lydia Padellec, poète et artiste, a déjà accueilli Gérard Noiret, Mario Urbanet, Daniel Py, Colette Nys-Mazure, Marie-Josée Christien, Jeanine Baude, Yves Prié, Jean-Claude Touzeil, Claude Beausoleil…**
* écrit à Durcet, terre d’inspiration, s’il en est.
** Et je ne cite ici que les noms des poètes fréquentant les étagères de ma
fourbithèque©.
Yves Barré, sur son site « ah oui » (23 septembre 2016)
http://ahoui.eklablog.com/une-pensee-sauvage-a126986816
Parution : rentrée 2016
Présentation de « Poème en plein air »
Le mercredi 14 septembre à 14h, la Lune bleue a présenté Poème en plein air, haïkus de Dominique Borée accompagnés des tondi/photos de Jean-Michel Le Claire, en présence du poète et de l’artiste. Cette rencontre, accueillie à la Dame blanche à Port-Louis, a été suivie d’un kukaï (échange sympathique autour du haïku) animé par Lydia Padellec. Ce fut une bien belle après-midi !
33 et 34 : Cécile A. Holdban et Dominique Borée
Le 14 septembre 2016 : rencontre avec Dominique Borée
Mercredi 14 septembre à 14h, une rencontre avec le haïjin Dominique Borée aura lieu à la Dame blanche, autour de son nouveau livre paru à la Lune bleue : Poème en plein air.
Poème en plein air
Festival Voix Vives de Sète 2016
Cet été du 22 au 30 juillet, la Lune bleue tenait un stand à la Place du Livre du Festival Voix Vives. Des instants poétiques et intenses, de belles rencontres et retrouvailles. La rencontre avec Enan Burgos et Bruno Geneste autour de Reflets de varech fut épique puisqu’une terrible averse s’est abattue sur nous à ce moment-là !
Un grand merci à tous, poètes, éditeurs, organisateurs et amis pour ce beau Festival méditerranéen !
©photos L.Padellec et V.Calvet
La Lune bleue au Festival Voix Vives de Sète
Du 23 au 30 juillet 2016, la Lune bleue aura un stand à la Place du Livre (Place du Pouffre) à Sète. Cette année, quatre poètes du catalogue sont invités au Festival Voix Vives : Pablo Poblète, Sylvestre Clancier, Bruno Geneste et Stéphane Bataillon (anthologie D’une fleur à l’autre). D’autres poètes seront aussi présentes : Françoise Lonquety, Aurélia Lassaque, Mérédith Le Dez et Lydia Padellec. Une rencontre animée par Enan Burgos aura lieu le samedi 23 juillet à 17h sur le podium avec l’éditrice et Bruno Geneste.
Une robe couleur de jour
De Cécile A. Holdban, avec les aquarelles de Catherine Sourdillon
Je veux naître dans la couleur.
C. A. H
Rêvée, peut-elle être révélée ? Une robe couleur de jour de Cécile A. Holdban façonne le jour comme un matériau dont la captation légère pourrait faire naître la couleur, celle de Catherine Sourdillon dans la lucarne de la couverture : matin traçant une ligne irrégulière, sismographe de l’aube à la teneur bleue et oranger. Nous lisons les poèmes en deux langues : quatre textes bleus, la couleur de l’encre choisie, et chaque langue, le français et le hongrois, en vis-à-vis. Miroir du livre, miroir des signes autrement agencés pour deux musiques différentes, toutes deux composent l’identité de la poète. Ce petit livre précieux des éditions de Lydia Padellec, aux aquarelles soigneusement reproduites, suit la parution des Poèmes d’après chez Arfuyen.
Le poème commence en septembre :
« Quinze minutes d’autobus suffisent
pour compter ce matin par les larges fenêtres
les arches des rayons portant de l’un à l’autre
le ciel de septembre. »
Arche, alliance, dans les livres de Cécile A. Holdban, un être qui écrit cherche et affirme le lien fragile de l’instant avec l’éternité pressentie. Monde simple, viatique réduit à « la lune, un arbre/un enfant et une hirondelle. »Tout le nécessaire pour un conte, comme celui de la Princesse aux cheveux d’or ou celui du roi Mathias et ses douze princesses à marier. Mais cet univers est aussi celui du quotidien dans lequel circulent des « autobus », en page de gauche, « buszút » sur celle de droite.
Nous avons pu entendre ces poèmes dans leurs deux langues, deux mélodies aux rythmes différents, lors d’une lecture organisée par l’éditrice. Deux étages de la tour de Babel heureusement rassemblés. Étages a priori éloignés : le titre (deux mots en hongrois, cinq en français) nous montre que le hongrois est une langue agglutinante, donc très différente du français. Nous pouvons cependant reconnaître certains mots, comme « szeptemberi » pour « septembre » qui ouvre l’automne de ces poèmes, ou « orlok » pour « parfois » que nous identifions grâce à la répétition proche. D’autres nous surprennent par leur figure surmontée de signes diacritiques comme hirondelles au-dessus des blés avant la pluie et l’arc-en-ciel : « öltözöm », «újjászületni », « fehérségből ».
Les deuxième et troisième vers du quatrain cité au début de cet article, parfaits alexandrins, sont traduits sur la page d’en face par des vers de longueur très différente. Le troisième déborde :
« Negyedórányi buszút épp elég,
hogy a széles ablakokon át ma reggel
összeszámláljam az ívelt sugarakat, melyek a szeptemberi
eget kettőnk közé kifeszítik »
Il s’agit bien de deux versions différentes pour faire entendre le même poème.
C’est à l’aube que se métamorphosent les couleurs. Fugitives elles glissent, elles réveillent les tonalités, alors le superlatif absolu excède sa qualification, « beaucoup d’herbe, très verte » ; « très lentement » s’opère la levée du sommeil de nuit pour que la vie, mouvement de grâce et « temps de l’or », touche le corps. Ou est-ce l’amour ? « [T] u déplies la lumière. » « [H] erbe », « perles de givre », « elles roulent jusqu’à mes pieds », le jour ne se contente pas de rejoindre la lumière, il fait naître couleur. Raccourci saisissant, alliant la « robe couleur de jour » à la révélation de s’éprouver vivant. Tout concourt en s’éveillant à gagner l’intériorité de l’être qui dès lors rayonne. Poète, celle qui se laisse effleurer par le coudrier enchanté du monde au matin. Juxtaposition constante, elle mime la simultanéité des sensations qui se rencontrent, éclatent ou fusionnent, comme les êtres et le ciel :
« Les oiseaux cachent sous leurs ailes
les ombres de la nuit ».
Distique non ponctué, détaché, mais touchant la nuit qui n’est plus et le jour qui point. Aux intercesseurs la liberté de mettre à l’abri la nuit pour quelques heures et les fleurs à leur tour, par leurs pétales, deviennent envolée, ailes pour que le ciel soit l’espace de renaissance. Alors une double page propose deux aquarelles bleues de Catherine Sourdillon traversées par le brun comme une ligne de fuite et de vie animant l’horizon, se répondant comme les pages d’un même poème en deux langues. Tout est prêt pour la rencontre : la terre, fendue par les herbes et les oiseaux, accueille l’autre, « tu », fastueux, « main qui ouvrait l’été » à l’imparfait d’une éternité sans faille.
Isabelle Lévesque, « La pierre et le sel », juillet 2016














































